Batman (Tim Burton)

Batman Tim Burton, le réalisateur de « Batman » est, sans aucun doute, le jeune cinéaste américain contemporain possédant le plus extraordinaire sens de l’image et du gag visuel. Ses précédents, «La grande aventure de Pee Wee » et « Beetle juice », l’ont prouvé. Et « Batman », qui est incontestablement un film de producteur sur lequel Burton n’eut pas tout le loisir créatif qu’il souhaitait, regorge aussi de trouvailles visuelles. Le film est, sur ce point, un régal.

Batman, superhéros noir et nocturne (habillé d’une carapace fort esthétique, née du croisement de Schwarzenegger et d’une chauve-souris) a beaucoup de prestance et bénéficie d’un tas de gadgets (de la Batmobile à la Batfusée). Mais il a surtout des ennemis à combattre. Dans ce film, le Joker possède un art unique de lui gâcher la vie. Interprété par Jack Nicholson (qui en fait des centaines de tonnes), ce « méchant » est le plus délirant roublard-dément que l’on ait vu depuis longtemps au cinéma. Nicholson lui donne un tel relief qu’il en devient presque le héros du film Michael Keaton, dans son double rôle d’homme ordinaire/superhéros, apporte un sourire « mignon » à Bruce Wayne et une belle autorité à Batman. Tim Burton a accentué le côté humain, fragile, vengeur du personnage qui a vu ses parents massacrés sous ses yeux. Mais il n’arrive pas à lui enlever une certaine pâleur. Heureusement, Batman a, à son bras, le petit animal sexuel et sensuel nommé Kim Basinger.

Colors

Los Angeles, côté « Down-town ». Rien à voir avec Beverly Hills, ses villas de luxe et ses larcins de haute volée. La violence se conjugue, dans cette partie chaude de la ville, à tous les temps du verbe bastonner, et la police se retrouve le plus souvent incapable de mettre un terme aux débordements en tous genres. Bob Hodges, la cinquantaine, et son jeune coéquipier, Danny McGavin, font partie des 250 policiers chargés, à eux seuls, de surveiller quelque 600 gangs des rues qui comptent pas moins de 70 000 membres. Et pour l’instant, la guerre fait rage entre les Blood et les Crisps, qui essaient de se réduire mutuellement au silence à grands coups de bazookas et autres charges explosives. Chargés de rétablir un semblant de calme, Hodges et McGavin se trouvent alors pris entre deux feux. Enorme succès public aux Etats-Unis, « Colors » s’inscrit parfaitement dans l’air du temps, tout comme « Easy rider » était représentatif des sixties et du mouvement hippy qui s’y développa.

Autres temps, autres mœurs. Aujourd’hui, la violence à l’état brut tient lieu de discours et la formule « no future » remplace désormais les « peace and love » débonnaires de naguère. Rien de cela n’échappe à la caméra de Dennis Hopper qui filme nerveusement cette guerre des gangs plus proche des « Seigneurs » et des « Guerriers de la nuit » que de « West side story ». Mais la principale force de « Colors » réside d’abord dans l’association Robert Duvall/Sean Penn. L’évolution de leurs rapports est la pièce maîtresse du scénario, sa réussite aussi. A la fois autoritaire et désabusé, fort et vulnérable, Duvall est extraordinaire.

by Acote on mai 16th, 2014 in Hobbies

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