L’impayable MrCrichton

L'impayable Mr CrichtonPourquoi cet «Admirable Crichton» est-il devenu impayable en cassette et pourquoi l’a-t-on affublé d’une jaquette aussi rébarbative? Dieu et le distributeur, seuls, le savent ! Car «L’impayable Mr Crichton» cache une jolie comédie adaptée — sans grande inspiration — d’un classique du théâtre anglais. Un serviteur modèle, majordome de son état, est au service d’un lord. Ses deux grandes théories sont «II faut un chef» et «Chacun à sa place»… Dans une société quasi-victorienne basée sur la fortune et les privilèges, Crichton est fait pour obéir et il en est fier. Mais… lors d’une croisière dans les mers du Sud, le yacht de son seigneur et maître fait naufrage. Dans ce monde digne de Robinson Crusoé, les aristos s’avèrent totalement incapables de survivre. Et Crichton devient chef, aimé et respecté… Jadis, cette comédie d’humour anglais se voulait irrévérencieuse. Elle est devenue, avec les années, tout simplement naïve et moralisatrice, mais c’est par ce côté anachronique que «L’impayable Mr Crichton» séduit. Les clichés sur le conservatisme britannique sont devenus aussi «martiens» que les idées toute faites d’île paradisiaque où les naufragés échouent et peuvent reconstruire la civilisation à grand coup de système D. On se croirait dans la jungle de Tarzan/Johnny Weissmuller, lorsque Jane s’est installée une cuisine avec eau courante et possède un ascenseur actionné par éléphant… Mais pour un peu, on se prendrait au jeu, tant les décors sont exotiques et jolis à souhaits. Et tout cela renvoie à des fantasmes d’enfance.

Peau de banane

Peau de bananeCe n’est pas sans une certaine nostalgie qu’on revoit aujourd’hui cette agréable comédie policière de Marcel Ophuls, contemporaine de la grande époque de la Nouvelle Vague, de Salut les Copains, bref de cette époque bénie du début des années 60… Jeanne Moreau y apparaît en vedette, au faîte de sa splendeur, entourée par un juvénile débutant nommé Claude Brasseur et par un jeune comédien plein d’abattage et de gouaille, dont on regrette qu’il soit tombé aujourd’hui dans la grosse artillerie des succès fabriqués de toutes pièces : Jean-Paul Belmondo. Il y fignole une composition cocasse de petit truand sympathique, escroc escroquant les autres escrocs avec une habileté et une ironie consommées. Le scénario a été tiré par Claude Sautet d’un roman américain, il tourne autour d’une question toujours renouvelée : qui va rouler qui ? II faut avoir vu Belmondo se faisant passer pour un Allemand en vacances dans une petit île bretonne ou pour un vétérinaire rentrant du Pérou… Occasions de numéros savoureux, réussis avec la complicité active de Jeanne Moreau, le talent précoce de Brasseur fils (à l’époque, on connaissait surtout son père !) et la truculence de GertFroebe (alias «Goldfinger»). Un – divertissement pétillant.

by Jice on juillet 26th, 2014 in Hobbies

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