Love streams

Love streamsNous connaissons John Cassavetes surtout pour ses nombreux rôles dans des films policiers ou fantastiques (sa plus célèbre apparition reste celle du mari de Mia Farrow dans «Rosemary’s baby»), mais il est aussi l’un des metteurs en scène les plus originaux et talentueux du cinéma américain. «Love streams» (alias «Torrents d’amour») est son onzième long métrage : Cassavetes lui-même et Gena Rowlands incarnent un frère et une sœur unis par un amour indestructible et destructeur, et il nous décrit leur manière de vivre et leurs (difficiles) relations avec les autres. Lui est un romancier à succès, épave alcoolique vivant la nuit. Elle s’est toujours consacrée à son mari et à sa fille, d’un amour dévorant qui l’a conduite au bord de la folie… Rien à voir avec un feuilleton TV racontant la vie d’une famille, pas de découpage net et précis ni de dialogues qui font mouche chez Cassavetes, où triomphe l’hésitant, le tâtonnant, le balbutiant… On cherche ses mots, il cherche ses images, cultivant les temps morts, scrutant les visages. Un univers personnel, qui ne cherche pas à plaire. Génial ? On peut l’affirmer sans risque de se tromper.

Les loubards

Les loubardsPenelope Spheeris semble s’intéresser à une Amérique malade de sa civilisation. Son premier long métrage s’intitulait «The décline of western civilisation». Tout un programme… Celui qu’elle a tourné après «Les loubards» (titre français gratiné pour «Suburbia»), s’intitule «The boys nextdoor» et raconte la randonnée tragique de deux jeunes Américains se transformant en tueurs fous. Le cinéma de Penelope Spheeris mêle, avec un égal bonheur, la violence spectaculaire et la dénonciation sociale. «Suburbia» (… alias «Les loubards») raconte la vie d’une douzaine d’adolescents abandonnés ou fugueurs squattant en communauté un pavillon dans un quartier abandonné voué à la démolition. Pour survivre, ils volent. Ils sont voyants, bruyants, violents, gênants… et deux bons citoyens, très portés sur l’autodéfense et la gâchette, leur régleraient bien leur compte. Vincent Candy, dans le New York Times écrivait : «Suburbia» est un mélodrame lucide et émouvant… Le meilleur film sur les adolescents en révolte depuis «Violence sur la ville» de Jonathan Kaplan. La tendance du film est, en effet, au mélo.., avec ce que cela sous-entend de lieux communs (qui sont peut-être aussi des vérités profondes) : incompréhension du monde adulte, révolte contre toute forme de médiocrité et pureté asociale. «Les loubards» montre tout cela, mais explique une fureur de vivre très actuelle.

by Jice on octobre 20th, 2014 in Hobbies

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