Disney parade 2

Disney parade 2Mickey, Donald, Goofy, Tic etTac… Presque toute la famille Disney est réunie dans «Disney Parade 2». Dix dessins animés dont il n’est pas nécessaire de vanter les qualités. Un coup d’œil suffit pour reconnaître la main du maître en la matière. Tout commence par un prodigieux lancé de boomerang par Mickey, puis s’enchaîne sur la toilette de Dolorès, une charmante dame éléphant, et continue avec le pauvre Pluto, qui, lui, a beaucoup de problèmes avec une cigogne. Et ainsi de suite. Une compilation heureuse ou 70 mn en compagnie du meilleur ami des enfants : Disney.

La nuit où ils ont sauvé le père noëlLa nuit où ils ont sauvé le père noël

Le Père Noël existe. Gloria et ses enfants l’ont rencontré. Michael, chercheur de pétrole, transporte sa famille partout dans le monde au gré des forages. C’est en Alaska, en plein mois de décembre, que Gloria, sa femme, lui demande de faire un choix entre son métier et sa vie de famille. Michael, coincé entre son patron (l’abominable Murdock) et le ras-le-bol de sa femme, rencontre un lutin envoyé par le Père Noël. Il lui raconte une histoire à dormir debout. Le Père Noël demande que le dynamitage cesse ou sa cité, Pôle Nord ville, sera détruite ! Mais le lutin, têtu, arrive à entraîner Gloria et ses enfants dans la cité des jouets. Ils tenteront de convaincre les chercheurs que toute cette histoire est vraie. La course contre la montre est engagée. Ce film est un conte à mi-chemin entre la science-fiction et l’aventure. Il y a tout pour faire de cette histoire un gentil divertissement : toutes les idées que l’on se fait sur le Père Noël sont reprises et réactualisées. Les rennes du traîneau sont remplacés par un ordinateur, la distribution des cadeaux s’effectue par satellite, etc. Ajoutez à ça un peu d’émotion, un brin de suspense et l’indispensable happy end… et les enfants se réjouiront.

William Hurt: l’acteur anti-star

Son prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes, il ne l’a pas volé. William Hurt se veut avant tout un acteur, ce qu’il est, tout au long de ses films où il nous offre ses mille visages. De «Au-delà du réel»à «Gorky parc» ou à «L’œil du témoin» qui vient de sortir en vidéo, Hurt ne peut faire que du bien.

William HurtL’œil Redfordien, la stature Harrison Fordienne, et pourquoi pas la démarche de Gary Cooper aussi ? La vérité c’est que William Hurt est assez grand (1,84 m, 72 kg aux dernières nouvelles !) pour se ressembler à lui tout seul, comme tous les rares et vrais acteurs. Après l’avoir pris en filature à travers ses différents films, après avoir recueilli quelques témoignages outre-Atlantique de petits gâtés qui ont eu le privilège de le voir sur les planches, après avoir épluché des piles de documents photos et écrits, il apparaît inévitable de condamner au succès William Hurt. Et sans appel, parce qu’il est vraiment truffé de talent. Et dire qu’il a failli épouser la religion et devenir pasteur ! Avant d’entrer à la Juilliard School il a, en effet, suivi des cours de théologie à Boston. Education oblige. Né le 20 mars 1950 à Washington DC, il est le fils d’un employé du département d’Etat. William Hurt passe son enfance entre le Paskistan, le Soudan, Guam, l’Afghanistan, l’Angleterre, la France aussi… Et il garde une certaine tendresse pour le pays et la langue française. A 6 ans, ses parents divorcent, ce qui ne manque pas de plonger William Hurt dans des abîmes de perplexité. Il faut dire que ce pur Wasp — qu’il le veuille ou non — c’est-à-dire White Anglo-Saxon protestant, possède, en dehors de ses cheveux blonds et ses yeux bleus des glaciers, certains principes hérités d’une éducation sans faille. Donc divorce de la mère qui se remarie avec Henry Luce III, héritier de l’empire de presse Time. Et puis une enfance plutôt privilégiée, mais qui ne mène pas tout droit aux carrières artistiques. Pourtant, de la théologie au théâtre, il n’y a qu’un ou deux phonèmes que William Hurt n’hésite pas à franchir. Entre-temps, et avant de «faire l’acteur», William Hurt, garçon de bonne famille, a cumulé les expériences de sa génération qui font qu’une vie est une vie et pas un itinéraire préfabriqué : un temps chauffeur routier, il a ensuite travaillé dans un élevage de moutons en Australie, avant de sillonner l’Amérique au moins dix fois et dans tous les sens en moto et en émule d’«Easy rider». D’un mariage raté et d’un divorce réussi, William Hurt garde aujourd’hui un petit garçon et une meilleure amie : la mère de son enfant. Et puis un jour, William Hurt aborde le théâtre. Il enchaîne les rôles de Shakespeare avec «Hamlet» ou « Le songe d’une nuit d’été», à George Bernard Shaw, en passant par Wedekind, «Lulu», ou Eugène O’Neill, «Long voyage vers la nuit». On le voit ensuite à la télévision dans une série intitulée «Best of familles» et dans des dramatiques. A partir de 1980, William Hurt passe au 7e art. C’est d’abord dans «Au-delà du réel» (Altered states) de Ken Russell qu’on peut le découvrir dans le rôle d’un savant allumé, fou de Dieu et d’expériences dans lesquelles il se sert de lui-même comme cobaye.

William Hurt 2William Hurt est époustouflant dans ce film qui l’est un peu moins, tant il s’attaque à un sujet marginal. Le film recevra d’ailleurs plus un succès d’estime qu’une large audience du public. Ensuite, William Hurt apparaît dans «L’œil du témoin» de Peter Yates en 1981. Cette fois-ci il est surprenant et, passez-moi le superlatif, quasiment merveilleux. En plus, la midinette ou le midinet (!) qui sommeille en chacun de nous n’oubliera pas de préciser qu’il est beau au-delà du réel ! Tout en n’étant pas la qualité première pour un acteur, il faut avouer que le talent, mêlé à l’intelligence et à la beauté, provoque une alchimie de qualité lorsqu’elle passe au cinéma. Mieux vaut un bel acteur doué et bien balancé qu’un mauvais acteur nul et laid. Bref, «L’œil du témoin» le met dans la peau de Daryll Deever, un Viet-vet night-porter ou un vétéran du Vietnam portier de nuit, mais ça revient au, même. Daryll Deever se retrouve plongé dans la série B comme personne. De filature en aiguille, d’assassins en assassinés, « L’œil du témoin» a le privilège de laisser William Hurt exercer son talent. Et quel talent ! On se demande même si, pour jouer aussi juste, il n’est pas allé comme son personnage perdre quelques belles années de sa jeunesse et des illusions dans la plus inepte des guerres, s’il y en a une. L’année 1981 est bonne pour William Hurt qui enchaîne avec «La fièvre au corps» (Body hast) de Lawrence Kasdan où il interprète un avocat magouilleur qui devient un joujou entre les longues mains fines d’une femme fatale. En 1983, on peut voir William Hurt dans «Les copains d’abord» ( I ne bigchill) de Lawrence Kas-dan où il joue le rôle d’un dealer. Film nostalgique sur l’amitié à long terme elles retrouvailles douloureuses d’une bande de copains atomisée par la vie, l’amour, la guerre… Puis il est un détective soviétique qui tombe amoureux d’Irina (interprétée par Joanna Pakula) dans le polar de l’Est «Gorky Park» réalisé par Michael Apted. Enfin 1985 et c’est le prix d’interprétation à Cannes pour «Le baiser de la femme araignée» (Kiss of the spider-woman) du cinéaste brésilien Hector Babenco. Ce film a permis à William Hurt de composer un rôle certes difficile (on sent d’ailleurs à quel point l’expérience théâtrale de Hurt peut avoir eu de l’importance dans son interprétation), en tous cas un des rôles les plus gratifiants qu’il puisse être donné de jouer à un acteur. «Le baiser de la femme araignée», c’est la confrontation, entre les quatre murs d’une prison, d’une quelconque dictature d’Amérique du Sud, entre un journaliste de gauche, militant activiste pur et dur inculpé pour activités subversives, et un homosexuel un peu fofolle arrêté pour détournement de mineur. L’homosexuel, c’est Molina joué par William Hurt. Pour lui, il est clair que l’Etat dictature n’est rien comparé à l’état amoureux ! Mises à part quelques séquences en extérieur, quelques flashbacks et des apartés de fictions liés à l’imaginaire nunuche de Molina, inspiré par les romances à l’eau de rose néo-nazies, tout se passe dans une cellule minuscule. Son personnage est empreint d’une telle sensibilité, d’un tel désarroi qu’il en devient vraiment génial. Pourtant c’est un rôle difficile, qui joue beaucoup sur le physique et les déplacements, sans tomber dans la sordide caricature de «folle». Il est touchant, beau jusque dans ses délires. Il est surtout parfaitement crédible. En attribuant le prix d’interprétation à William Hurt, Cannes ne s’est pas trompé, qui confirme, plutôt que de révéler, un immense acteur. Aujourd’hui, et après avoir, au mois de juin, participé à une course de voiliers à partir du Massachusetts jusqu’aux Bermudes, William Hurt tourne dans le premier film d’une jeune réalisatrice : «Children of lesser god» de Randa Haines. Son rôle ? Celui d’un professeur dans une école pour sourds et malentendants. Il a évidemment appris le langage gestuel pour ce rôle. «La voix est dans leur mains, le son dans leurs yeux», dit William Hurt à propos des sourds. «Chaque matin, c’est une image solitaire que vous renvoie votre miroir». Prononcée par William Hurt, cette phrase prend tout son sens et garantit en tout cas que ce dernier ne tombera pas dans les pièges du star-system. Car, enfin, William Hurt apparaît comme cette nouvelle race d’acteurs qui sont anti-médias comme il est difficile de l’être dans les années 80 et qui en tirent un immense profit parce qu’ils font le plus parler d’eux. Hollywood verrait bien William Hurt prendre la relève des Redford ou Newman vieillissants. Mais ça tombe plutôt mal. Il leur a déjà refusé une quinzaine de rôles : «J’aime trop prendre l’air, au sens propre comme au figuré», dit-il à ce propos. Enfin, s’il est une anecdote qui colle vraiment au personnage de William Hurt, c’est bien celle qui lui est arrivée à Cannes cette année. Il faisait partie des invités d’honneur (distribution des prix oblige) d’une soirée au Palm Beach. On lui barre l’entrée : il faut dire qu’avec sa barbe et ses lunettes, William Hurt n’a que peu de ressemblance avec «la Molina» de l’écran. Et William Hurt non pas de piquer une crise d’apoplexie comme auraient fait la plupart, ni d’insulter les portiers comme auraient fait certains, ni de bouder, etc., mais simplement de repartir de très bonne humeur finir la soirée avec des amis et de déclarer après l’incident : «C’est un grand soir pour moi. Toute ma vie, j’ai travaillé pour être acteur et pas une star. Me faire barrer l’entrée de l’endroit où l’on m’a supplié d’aller parce qu’on ne m’a pas reconnu, c’est la plus grande des récompenses». Un homme d’une telle éducation, ça ne s’invente pas !

L’homme de Prague

L'homme de PragueAu cours d’une prise d’otages, au consulat des Etats-Unis à Munich, une jeune femme est abattue froidement par le chef des terroristes, Schraeger. Or, c’était la fiancée d’un agent de la CIA, Charles Heller (John Savage) qui, apprenant la nouvelle, décide de la venger à tout prix. Il demande à être envoyé en Tchécoslovaquie, où les tueurs se sont réfugiés. Autorisation refusée. Il constitue alors un dossier contre ses supérieurs, qui cèdent au chantage. Arrivé à Prague, il entre en contact avec une opposante au régime, Elisabeth Vaculik (Marthe Keller), qui va l’aider à retrouver la trace du commando de Munich. Il élimine successivement les terroristes, remontant la filière jusqu’à leur chef… et c’est une surprise de taille qui attend Heller ! Comme dans les romans de John Le Carré, tout s’écroule devant une réalité désespérante. La plus amère des désillusions est le lot de l’espion confronté au cynisme illimité et à la perversité tordue du service où il s’est engagé en croyant servir une noble cause… John Savage réussit une composition intense et souvent poignante.

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusilLes intrigues bizarres et compliquées de Sébastien Japrisot ont donné, en leur temps, un sang neuf au cinéma français — bien avant qu’il n’atteigne, avec «L’été meurtrier», les sommets que nous savons. Cette «dame dans l’auto» est un exemple très représentatif des recettes qui étaient alors les siennes : un mystère inquiétant, une héroïne traquée par l’incompréhensible, probablement victime d’une machination, qu’on tente peut-être de faire passer pour folle ou amnésique… Tel est le lot de Samantha Eggar dans le rôle de Dany, cette petite secrétaire avide de faire plaisir à son patron (Oliver Reed, un «vilain» à tous les coups) jusqu’à faire des heures sup chez lui, pour taper un rapport «urgent», puis de le mener à l’aéroport en compagnie de sa femme (Stéphane Audran)… A ce moment-là, tout se gâte : Dany se trompe d’embranchement et se retrouve sur l’autoroute de la Côte d’Azur, où brutalement elle croit vivre un cauchemar, car de multiples témoins la «reconnaissent», prétendent l’avoir vue la veille, faisant le trajet dans l’autre sens, ce qui est strictement impossible ! Bizarre, bizarre… Le piège se refermera-t-il sur Dany ? Vous le saurez au bout de l’autoroute, lorsqu’on nous révèle la clé de cette troublante et savante énigme.

Sabata

Sabata

Lee Van Cleef (Sabata) n’a aucun effort à faire pour s’affirmer dans un rôle à sa mesure. Sabata, le héros, est témoin d’un hold-up dans la petite localité de Daugherty. Sabata le justicier part à la poursuite du butin volé et des bandits. Il ramène l’argent et les cadavres des bandits et prend conscience à ce moment – là qu’on ne le remercie pas vraiment comme il s’y attendait. Pire, il semble que Sabata ait fourré ses deux bottes dans le plat. Les notabilités de Daugherty ne sont en effet pas étrangères au délit. Les balles vont commencer de voler bas… Sabata est, dans le cinéma, un cow-boy justicier aussi célèbre que Lucky Luke dans la bande dessinée. Il joue sur la caricature du western tout en appartenant complètement au genre. D’ailleurs «Sabata» est devenu un genre à lui tout seul puisqu’il a été décliné sur le thème «Le retour de Sabata»  j’en passe et pour quelques dollars de plus au box-office.

Yakuza

YakuzaAu Japon, il existe aussi une espèce de mafia, une organisation de gangsters dont les membres sont liés par un «code de l’honneur» et se prennent pour les héritiers des samouraïs de l’époque impériale… On les appelle les yakusas. Dans ce film de Sydney Pollack, le réalisateur de «Jeremiah Johnson», un parrain yakuza est furieux parce qu’il vient d’être doublé par un trafiquant d’armes américain, George Tanner (Brian Keith). Il fait enlever la fille de celui-ci. Tanner s’adresse alors à un ex-privé, forte tête qui connaît bien le Japon : Harry Kiler (Robert Mitchum). Harry se rend à Tokyo, y retrouve Eiko (KishiKeiko), qu’il aima autrefois. Vieux routier désabusé, revenu de tout, Harry connaît bien le Japon et les rouages de la société secrète yakuza. Il sait, par exemple, quand il convient de se couper stoïquement un petit doigt pour préserver son «honneur» c’est un grand moment, il faut l’avouer, lorsque Robert Mitchum se tronçonne la phalange, sans un mot, sans un cri, tel le loup mourant d’Alfred de Vigny. C’est donc un extraordinaire bras de fer qui va opposer notre baroudeur aux chefs yakusas. Un polar bizarre, mais convaincant, tourné entièrement sur place, dans les bas-fonds de Tokyo. Dépaysant !

CopkillerCopkiller

Le réalisateur est italien, les scénaristes (parmi lesquels Ennio de Concini), aussi. Les acteurs sont français (Nicole Garcia) et anglo-saxons (Harvey Keitel, Leonard Mann et John Lydon, ex-chanteur du groupe Ses Pistols). Mais le film est tourné principalement à New York… Tout en restant un polar très classique (…sans trop de scènes d’action !), «Copkiller» réussit à être aussi un film d’atmosphère, presqu’un psychodrame entre un flic corrompu et un présumé tueur de flic. Dans les rues de New York, un tueur fou, déguisé en policier et portant cagoule, assassine les agents en uniforme, en leur tranchant la gorge. Un jour, débarque, dans l’appartement immense et vide d’un inspecteur de police, un jeune homme qui s’accuse des crimes. Inquiété et persuadé d’avoir été percé à jour dans ses petites magouilles, le flic séquestre !e jeune homme qui s’avère vite être un riche héritier un peu dérangé. Entre le flic et le jeune homme s’établit un rapport de bourreau et de victime assez trouble. L’identité de l’un et de l’autre commencera à se mêler étrangement et… tragiquement. Presqu’un huis clos, «Copkiller» est un passionnant drame psychologique. Le film est inédit en salles. La vidéo nous donne une chance de découvrir un bon thriller. Et la version française est doublée avec un maximum de sérieux. Par Nicole Garcia elle-même, entre autres.

Règlement de comptes

Règlement de comptesUn petit polar solide, mais sans grande originalité par son intrigue, avec coup de théâtre final. Pourtant le film est signé par un cinéaste qui, jusqu’à présent, s’est limité au cinéma de divertissement tout en prouvant un vrai talent de réalisateur et un joli sens de direction d’acteurs. On doit à Paul Aaron des films comme «Un couple très particulier» (avec Perry King et Meg Foster, deux homos de sexe différent finissant par tomber amoureux l’un de l’autre) ou «Force one» (un Chuck Norris légèrement moins débile que les autres). De Paul Aaron, nous découvrirons bientôt «Maxie», une comédie à la Capra sur les méfaits d’une revenante de choc perturbant la vie d’un couple d’aujourd’hui (le film était présenté au récent Festival de Deauville). «Règlement de comptes», comme thriller d’action pure, se laisse voir sans ennui, ni déplaisir. Mais on attendait plus musclé et plus original de la part de Paul Aaron que cette histoire de flic violent lancé sur les traces d’un tueur fou qui assassine ses jeunes et jolies victimes et leur grave dans la chair un X. Le flic est interprété par un certain Wings Hauser. Cet acteur avait été une révélation : terrifiant d’efficacité et de justesse dans le rôle du proxénète sadique de «Descente en enfer », le film de Gary S. Sharman sur le milieu des prostituées d’Hollywood Boulevard. Mais, dans le personnage un peu moins complexe et un peu plus monolithique de Stoney le flic, Wings Hauser a plus de mal à bouger et à se mettre à l’aise. Dommage!

L’ile mystérieuse

L'ile mystérieuseDu roman de Jules Verne, il reste bien peu de choses dans cette aventure fantastique au pays des effets spéciaux. Comme dans le livre, le film de Cyril Endfield retrouve le capitaine Nemo. Mais il est ici obsédé par l’idée de résoudre le problème de la faim dans le monde. Les naufragés d’un ballon dirigeable échouent sur une île déserte et s’organisent pour survivre, avec l’aide discrète de Nemo. Mais le danger rôde parce que l’île est habitée par des animaux géants: crabe, poulet, abeille. Les nouveaux Robinson, après avoir vaincu les monstres, n’ont plus de problèmes pour se nourrir. Les effets spéciaux sont signés Ray Harryhausen. Comme dans tous les films auxquels ont collaboré ce pionnier et ce maître de l’animation image par image, ils sont un véritable régal. Ils sauvent un film fort médiocre au demeurant, si l’on excepte les scènes de découverte de la caverne du Nautilus, le coulage du bateau pirate ou l’éruption volcanique finale. Le divertissement tout public par excellence.

L’ambassadeur

Un ambassadeur américain, sa femme et son amant, un leader palestinien, sont pris dans un jeu dangereux «politico-thrillerique». L’action se passe dans un Moyen-Orient déchiré qui s’en passerait bien. Intrigue, chantage, meurtres s’entrecroisent dans un marasme conjoncturel tel qu’il est difficile, si ce n’est impossible, de condamner les coupables. Pas même de les repérer. L’ambassadeur se retrouve, malgré lui, mêlé à un complot qu’il lui faut déjouer et qui vise à anéantir tout espoir de paix. L’ambassadeur, c’est évidemment Robert Mitchum, superbe, mais qui passe cependant mieux dans les rôles de «outlaw» que dans les rôles de spécialiste de la stratégie des dominos t Un bon film d’action sous les feux de l’actualité, une actualité malheureusement toujours d’actualité et qui dépassera peut-être encore la fiction.

Vendredi 13 chapitre final

Reprenons donc le car pour le camp de vacances de Crystal Lake, un endroit tellement idyllique ! Nous avons déjà assisté à quelques meurtres horrifiques dans «Vendredi 13» puis au retour de l’infernal Jason, toujours aussi espiègle, dans «Le tueur du vendredi». A la demande générale, il y eut une nouvelle suite, en relief cette fois («Meurtres en 3 dimensions») et voici, pour faire bonne mesure, un quatrième épisode.Vendredi 13 chapitre final Pourtant, à la fin du précédent, le sanglant Jason s’est retrouvé à la morgue. Décidément increvable, il se lève à nouveau et commence par occire l’interne et l’infirmière de garde. Puis il se dirige vers le lieu préféré de ses exploits, où viennent de s’installer une charmante famille et une nouvelle bande de jeunes : on sait que Jason les adore ! L’extermination méthodique va commencer, toutes les armes imaginables étant utilisées, du fusil-harpon au… tire-bouchon ! Arrgh… Lorsque Jason est enfin écrabouillé à la fin de ce «chapitre final», on respire… le temps d’attendre le N°5, candidement intitulé «a new beginning» (un nouveau départ…). Si Jason est bien éliminé, un autre continuera son œuvre !

Philadelphia experiment

MSDPHEX EC0081943. C’est la guerre. Les Américains tentent une expérience : rendre un destroyer invisible aux radars ennemis. Top secret. Et pour cause, le navire a réellement disparu pendant quelque temps avant de réapparaître dans un piteux état avec deux marins manquant à son bord. 1984: ce sont les deux mêmes hommes que l’on retrouve poursuivi par un hélicoptère au milieu d’un désert, champ d’expérimentation militaire commandé par un certain Dr Longstrat. Les voyages dans l’espace temps ont toujours passionné les hommes. Et le cinéma, avec plus ou moins de bonheur («La machine à remonter le temps», «Nimitz», «Les guerriers de l’Apocalypse»). «Philadelphia experiment» découle de la même imagination. Avec tout ce qu’il faut, bien sûr, pour le rendre à la fois attrayant et remarquable. Du rythme, de l’action, des effets spéciaux et un suspense très habilement mené. «Philadelphia experiment» est un spectacle total à tout point de vue. Le comité de sélection du 13° Festival du film fantastique d’Avoriaz ne s’y est pas trompé qui l’a retenu pour la course au titre.

Extérieur nuit

Extérieur nuitUn écrivain au chômage, Bony (André Dussollier) et un saxophoniste qui fait de la pub pour survivre, Léo (Gérard Lanvin) tombent amoureux de la même fille, Cors (Christine Boisson), une jeune marginale qui rêve de partir en Amérique du Sud et gagne sa vie en faisant le taxi de nuit et en détroussant de temps en temps ses clients. Cette paumée va sortir de leur léthargie les deux amis, en les amenant à réagir aux événements alors qu’ils s’endormaient passablement dans leur état de «loosers» professionnels. «Extérieur nuit» a obtenu le prix Perspectives du cinéma français à Cannes en 1980. Un scénario original, un ton nouveau, bref du cinéma intelligent qu’il serait dommage de ranger dans la catégorie «art et essai». Car «Extérieur nuit» prouve que l’on peut faire des films sur la marginalité et qui marchent avec le plus grand nombre… A noter la superbe interprétation de Lanvin, Dussollier et surtout Christine Boisson, superbe. A noter également la vision néo-polar du Paris la nuit au néon ravageur.

Amityville 3Amityville 3

Baxter, reporter d’un journal à sensation, apprend qu’Amityville est habitée par un couple d’escrocs. Amityville, c’est cette fameuse maison bien connue parce qu’elle a permis à deux films d’horreur d’en engendrer un troisième. Pour reprendre une chronologie précaire, «Amityville I» inaugurait le cauchemar. Une famille très comme il faut se battait comme des perdus contre des forces occultes. Dans «Amityville 2», une nouvelle famille emménageait. Des crimes inexplicables étaient alors commis par le fils aîné des nouveaux locataires, jusqu’alors adolescent sans problèmes, c’est à dire acnéique et tête à claques. Avec «Amityville 3», le dénommé Baxter se mêle de ce qui ne le regarde pas, exproprie les escrocs et pour prouver – grands dieux, à qui ? Tout le monde s’en moque – qu’il ne croit pas aux sornettes sur les maisons maudites, achète la maison. Très vite, des événements inexplicables se produisent et le cauchemar commence. A noter que dans ce genre de films qui laisse s’installer une très hostile ambiance, on a tendance à se laisser aller au fond de son fauteuil au risque de ne plus voir que le bas de l’écran. Ou même pire de ne plus rien voir du tout.

Love streams

Love streamsNous connaissons John Cassavetes surtout pour ses nombreux rôles dans des films policiers ou fantastiques (sa plus célèbre apparition reste celle du mari de Mia Farrow dans «Rosemary’s baby»), mais il est aussi l’un des metteurs en scène les plus originaux et talentueux du cinéma américain. «Love streams» (alias «Torrents d’amour») est son onzième long métrage : Cassavetes lui-même et Gena Rowlands incarnent un frère et une sœur unis par un amour indestructible et destructeur, et il nous décrit leur manière de vivre et leurs (difficiles) relations avec les autres. Lui est un romancier à succès, épave alcoolique vivant la nuit. Elle s’est toujours consacrée à son mari et à sa fille, d’un amour dévorant qui l’a conduite au bord de la folie… Rien à voir avec un feuilleton TV racontant la vie d’une famille, pas de découpage net et précis ni de dialogues qui font mouche chez Cassavetes, où triomphe l’hésitant, le tâtonnant, le balbutiant… On cherche ses mots, il cherche ses images, cultivant les temps morts, scrutant les visages. Un univers personnel, qui ne cherche pas à plaire. Génial ? On peut l’affirmer sans risque de se tromper.

Les loubards

Les loubardsPenelope Spheeris semble s’intéresser à une Amérique malade de sa civilisation. Son premier long métrage s’intitulait «The décline of western civilisation». Tout un programme… Celui qu’elle a tourné après «Les loubards» (titre français gratiné pour «Suburbia»), s’intitule «The boys nextdoor» et raconte la randonnée tragique de deux jeunes Américains se transformant en tueurs fous. Le cinéma de Penelope Spheeris mêle, avec un égal bonheur, la violence spectaculaire et la dénonciation sociale. «Suburbia» (… alias «Les loubards») raconte la vie d’une douzaine d’adolescents abandonnés ou fugueurs squattant en communauté un pavillon dans un quartier abandonné voué à la démolition. Pour survivre, ils volent. Ils sont voyants, bruyants, violents, gênants… et deux bons citoyens, très portés sur l’autodéfense et la gâchette, leur régleraient bien leur compte. Vincent Candy, dans le New York Times écrivait : «Suburbia» est un mélodrame lucide et émouvant… Le meilleur film sur les adolescents en révolte depuis «Violence sur la ville» de Jonathan Kaplan. La tendance du film est, en effet, au mélo.., avec ce que cela sous-entend de lieux communs (qui sont peut-être aussi des vérités profondes) : incompréhension du monde adulte, révolte contre toute forme de médiocrité et pureté asociale. «Les loubards» montre tout cela, mais explique une fureur de vivre très actuelle.

Paris, Texas

Paris, TexasSi «Paris, Texas» est un film aussi original et aussi abouti, c’est simplement parce qu’il réunit un certain nombre de personnalités différentes… de regards forts sur l’Amérique. Wim Wenders, d’abord, qui, dès ses premiers films, se montra fasciné par ce monde de villes presque désertes et de routes qui n’en finissent pas. Wenders a toujours été séduit par le modèle américain : une autre culture qui, pourtant, ressemble tant à la sienne. Lorsque Wenders regarde l’Amérique, il a un regard d’étranger, à la fois complice et non dupe, mythifiant et démystificateur. Le moindre saloon crasseux, la moindre ligne de poteaux électriques dans le désert, le moindre peep-show… prennent des allures de Disney land hollywoodiens, de lieux magiques et chaleureux. Pour l’image de «Paris, Texas», Wim Wenders s’est assuré la collaboration d’un véritable artiste : le directeur de la photographie Robby Muller (avec qui il avait travaillé sur ses premiers films comme «Alice dans les villes», «Faux mouvement», «Au fil du temps » ou encore «L’ami américain»). Muller joue à merveille avec les couleurs, le grain de la pellicule et les objectifs pour donner à son image du relief et de l’atmosphère. Tout en flattant l’œil, Wenders sait aussi flatter l’ouïe, émouvoir par la musique, en l’utilisant comme une composante d’un tout. «Paris, Texas» sera donc la rencontre avec Ry Cooder. L’autre collaborateur sans lequel «Paris, Texas» ne serait pas ce qu’il est, bien sûr, l’auteur du scénario : Sam Shepard. Comme le musicien Ry Cooder, on ne présente plus Sam Shepard, dramaturge et acteur. Une des figures du nouveau théâtre américain. Comme les autres, Shepard sait, lui aussi, regarder différemment. «Paris, Texas» est ce qu’on appelle un film d’auteurs.

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