Blanche et Marie

Blanche et MarieX, Y, Zième film sur la Résistance «Blanche et Marie» nous présente cette fois-ci cette époque troublée dans l’optique de deux femmes «compagnons de route». Deux femmes, dont les maris, amants et pères sont engagés du bon côté. C’est la Résistance vue par les femmes et vécue par elles au quotidien pas toujours héroïque. On ne sait si leur engagement vient de l’amour ou de la haine et à qui ces sentiments sont destinés : aux hommes ou à la cause ? Miou-Miou donne comme toujours le ton juste et le charme fou. Malheureusement, il manque quelque chose pour que ce film vive. Quelque chose comme un regain de violence ou un tonnerre de fou rire. Bref, quelque chose d’un peu désespéré et peut-être pas aussi subtilement évoqué. «Blanche et Marie» est pudique, quelquefois trop.

Alphabet city

C’est lui, c’est Johnny Boy. Un doux dur qui joue les terreurs dans les rues de New York ! Le P38 planté au-dessus de la hanche, le look cuir d’enfer, roulant ses mécaniques dans sa belle voiture. Son territoire, celui qu’il domine comme un jeune loup, c’est Alphabet City. Une asphalte-jungle qui se déchaîne la nuit au rythme des néon-lights, une jungle des paumés, peuplée de proxénètes, de dealers, de braqueurs, de spécialistes des nuits à la «blanche» et sur laquelle règne le parrain Gino. Johnny Boy respecte la «famille» jusqu’au jour où il décide de quitter le ghetto d’Alphabet City en emportant un butin important. Mais on ne quitte pas comme ça la famille et si Johnny Boy avait lu des livres au lieu de rouler les mécaniques, cela lui aurait certainement évité quelques ennuis…Alphabet city «Alphabet City» nous montre un New York encore différent, toujours mouvant. Il joue cette fois sur la nuit toute américaine, bourrée de néons, de brume et des éternelles bouches d’aération, comme si la ville respirait. Johnny Boy, c’est Vincent Spano qui trouve ici un rôle qui lui colle apparemment très bien à la peau. Ce n’est pas le Vincent Spano de «Rusty James» (pourtant pas très éloigné par le thème), ni de «Maria’s loyers» (très bon). C’en est un autre, révélé par un suspense et une ambiance qui font de lui le roi de cette jungle d’asphalte et de béton même pas armé !

La bible ne fait pas le moine

La bible ne fait pas le moineMenacé d’expulsion, le supérieur de l’ordre religieux de Saint-Ambroise l’Invraisemblable a besoin de l’aide financière du fameux Armageddon Thunderbird, grand prêtre de l’église du Divin Profit. Comme émissaire, il lui envoie l’inénarrable frère Ambroise (Marty Feldman), un simple d’esprit qui a vécu jusque là dans l’ignorance absolue du monde extérieur. On comprend immédiatement que ce personnage est taillé sur mesure pour Marty Feldman, ex-acolyte de Mel Brooks (il fut le désopilant Ygor de «Frankenstein junior»), auteur, réalisateur et acteur de cette pochade. Bien entendu, frère Ambroise connaîtra de multiples tribulations en cours de route, à commencer par la rencontre d’un douteux évangéliste qui le déleste de ses économies (Peter Boyle) et en poursuivant par celle d’une prostituée qui lui tombe dans les bras (Louise Lasser). Comme le héros d’un conte de Voltaire, le naïf Ambroise découvre le monde et ses turpitudes : il trempera inconsciemment dans les escroqueries de l’église du Divin Profit, mais la petite pute au grand cœur lui ouvrira les yeux, prouvant ainsi que le plaisir de la chair n’est pas incompatible avec les plus justes causes. Et Marty Feldman roule ses yeux globuleux pour souligner chaque réplique…

Le palace en délire

Le palace en délire

«Ou comment vraiment enterrer sa vie de garçon» précisait le sous-titre français. Neal Israel, le réalisateur et coscénariste, nous arrive avec la réputation d’un nouveau maître de la comédie burlesque et irrévérencieuse Il a signé, tout de suite après ce «Palace en délire», un «Police Academy» qui fit un malheur un peu partout dans le monde. Et nous venons de voir récemment son troisième film comique distribué en France, «Les zéros de conduite». Neal Israel vient du cabaret d’improvisation new-yorkais, pépinière de la nouvelle vague comique américaine, comme metteur en scène, mais aussi comme sketchman et scénariste. On lui trouve un nouveau style comique, virulent, débridé, mais aussi très juvénile.., c’est dire si le monsieur est respecté outre-Atlantique ! Mais, à y regarder de plus près, on peut se dire que Neal Israel a vu les films et les chiffres de recettes de la série «Porky’s». Qu’il a senti le filon adolescent-burlesque-paillard. «Le palace en délire» a une intrigue très mince : un jeune «branleur», sympa et frondeur, est amoureux d’une jeune «nana» des beaux quartiers. La gente damoiselle est d’accord, mais future belle maman voit d’un très mauvais œil cette mésalliance et rameute l’ex-petit ami de sa fille… un «méchant» blondinet comme en rêve l’Amérique. Le futur marié décide alors d’organiser une party monstre pour enterrer sa vie de garçon. Une soirée bien scandaleuse. Une bacchanale burlesque que n’apprécierait peut-être pas la future épousée, et dont la belle famille a l’intention de se servir pour rompre les fiançailles. A partir de là, tous les coups et tous les gags sont permis. Et le délire est au rendez-vous. Le principal intérêt du film tient à la personnalité de ses jeunes protagonistes. Tom Hanks (que l’on a revu dans «Splash») a l’humour narquois et distant qui convient à son personnage. Et Tawny Kitaen (que Just Jaeckin repéra pour être sa «Gwendoline») pétille suffisamment pour que le palace entier ait envie de l’épouser.

La vengeance du serpent à plumes

Comme d’habitude chez Gérard Oury, le comique coûte cher… parce que l’entreprise est sensée drainer vers les salles obscures des millions de spectateurs. Il faut donc que le cocktail entre burlesque et exotisme soit très au point, séduisant et consommable immédiatement. Avec cette «Vengeance du serpent à plumes», les méninges du spectateur ne seront pas mises à rudes épreuves. Un brave plouc vient hériter de sa grand-mère. Mais l’appartement de la défunte dame sert de repère à de dangereux terroristes internationaux. Le, plouc, Français médiocre dans l’âme, est prêt à virer tout le monde, mais le plus joli «p’tit Lot» du lot lui tombe dans les bras et lui joue la «grand scène» du grand amour. Quand on ressemble à Coluche, et qu’une nana aussi belle que Maruschka Detmers se pâme en vous apercevant, il y a de quoi perdre la tête. Le groupe anarchiste Ravachol-Kropotkine organise quelques attentats pour se débarrasser du plouc, mais il passe à travers en toute belle inconscience. Là c’est le côté burlesque, gags-tartes à la crème, qui est exploité…La vengeance du serpent à plumes Suite de la «machine» comique : les terroristes s’en vont au Mexique zigouiller une poignée de chefs d’état en conférence internationale. Par amour, le plouc les suit et finira par tout faire rater. Gérard Oury, en bon guide touristique qui a les moyens, nous organise une Fête des morts, un raid dans la pampa, un spectacle folklorique dans les ruines de ChichenItza, etc. Du Popocatépetl au Yucatan, le plouc, un copain rocker et leur singe vont commettre bévues sur gaffes… Devant «La vengeance du serpent à plumes», on a un peu le même écœurement que devant une pâtisserie accumulant trop d’ingrédients de premier choix, mais n’ayant pas trouvé sa personnalité. L’écriture du film (signée Gérard Oury et Danièle Thompson) est intelligente et brillante. Trop, sans doute.

L’œuf

L'_ufMarguerite Yourcenar est sans doute la première femme qui soit entrée à l’Académie française, mais un autre Belge l’y a précédée : Félicien Marceau. Cet écrivain, peu connu au demeurant, use d’un langage châtié pour stigmatiser les noirceurs de notre société et de l’espèce humaine en général. «L’œuf» est une de ses pièces de théâtre, que Jean Herman (plus connu aujourd’hui comme auteur de romans policiers sous le nom de Vautrin) a porté à l’écran avec la froideur et l’ironie qui convenaient. Son héros (?) s’appelle Emile, il vit sa vie sans se soucier de la morale établie, ni même de la simple logique. Il vole pour le plaisir et s’arrange pour ne pas être pris. Célibataire endurci, il est l’amant d’une femme mariée avec le consentement de l’époux. Emile rejette toutes les idées reçues, il croit seulement… au travail ! Ironie du sort, il est engagé dans un ministère parce qu’il est habile aux cartes. Du coup, il devient un parfait cynique, prêt aux plus folles entreprises. Une bonne partie de l’intérêt du spectacle Vient ici de l’interprétation de Guy Bedos, qui donne à l’amoral Emile une silhouette férocement drôle, d’un humour sobrement glacé.

Les rois du gag

Les rois du gag

Une superstar comique des shows télévisés s’épuise. Son ressort comique n’est plus ce qu’il était et ses deux gagmen attitrés, Robert et Jean, s’essoufflent. La superstar, Gaétan (Michel Serrault) va donc essayer de trouver la relève de ses comiques fatigués dans des petits théâtres de banlieue. Il va trouver deux jeunes comiques et les engage pour son show télévisé (Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte). Cependant, au moment où l’émission de Gaétan commence à retrouver le succès, un réalisateur de passage à Paris lui propose un rôle dans un film intitulé «Le dernier homme… ». Le tournage est désastreux et Gaétan retourne presque malgré lui au comique et au show télévisé. Bon film comique à la distribution inégalable ou presque ! Sans rire, il est rare de trouver rassemblés Coluche, Serrault, Lhermitte, Pierre Doris, Jugnot. Et si ce n’est pas forcément drôle, ça peut l’être, surtout quand le scénario est signé Claude Zidi.

L’impayable MrCrichton

L'impayable Mr CrichtonPourquoi cet «Admirable Crichton» est-il devenu impayable en cassette et pourquoi l’a-t-on affublé d’une jaquette aussi rébarbative? Dieu et le distributeur, seuls, le savent ! Car «L’impayable Mr Crichton» cache une jolie comédie adaptée — sans grande inspiration — d’un classique du théâtre anglais. Un serviteur modèle, majordome de son état, est au service d’un lord. Ses deux grandes théories sont «II faut un chef» et «Chacun à sa place»… Dans une société quasi-victorienne basée sur la fortune et les privilèges, Crichton est fait pour obéir et il en est fier. Mais… lors d’une croisière dans les mers du Sud, le yacht de son seigneur et maître fait naufrage. Dans ce monde digne de Robinson Crusoé, les aristos s’avèrent totalement incapables de survivre. Et Crichton devient chef, aimé et respecté… Jadis, cette comédie d’humour anglais se voulait irrévérencieuse. Elle est devenue, avec les années, tout simplement naïve et moralisatrice, mais c’est par ce côté anachronique que «L’impayable Mr Crichton» séduit. Les clichés sur le conservatisme britannique sont devenus aussi «martiens» que les idées toute faites d’île paradisiaque où les naufragés échouent et peuvent reconstruire la civilisation à grand coup de système D. On se croirait dans la jungle de Tarzan/Johnny Weissmuller, lorsque Jane s’est installée une cuisine avec eau courante et possède un ascenseur actionné par éléphant… Mais pour un peu, on se prendrait au jeu, tant les décors sont exotiques et jolis à souhaits. Et tout cela renvoie à des fantasmes d’enfance.

Peau de banane

Peau de bananeCe n’est pas sans une certaine nostalgie qu’on revoit aujourd’hui cette agréable comédie policière de Marcel Ophuls, contemporaine de la grande époque de la Nouvelle Vague, de Salut les Copains, bref de cette époque bénie du début des années 60… Jeanne Moreau y apparaît en vedette, au faîte de sa splendeur, entourée par un juvénile débutant nommé Claude Brasseur et par un jeune comédien plein d’abattage et de gouaille, dont on regrette qu’il soit tombé aujourd’hui dans la grosse artillerie des succès fabriqués de toutes pièces : Jean-Paul Belmondo. Il y fignole une composition cocasse de petit truand sympathique, escroc escroquant les autres escrocs avec une habileté et une ironie consommées. Le scénario a été tiré par Claude Sautet d’un roman américain, il tourne autour d’une question toujours renouvelée : qui va rouler qui ? II faut avoir vu Belmondo se faisant passer pour un Allemand en vacances dans une petit île bretonne ou pour un vétérinaire rentrant du Pérou… Occasions de numéros savoureux, réussis avec la complicité active de Jeanne Moreau, le talent précoce de Brasseur fils (à l’époque, on connaissait surtout son père !) et la truculence de GertFroebe (alias «Goldfinger»). Un – divertissement pétillant.

Fist fighter et Cage

Fist fighterOn sent que les vedettes de ce film sont ou ont été de vrais champions d’arts martiaux OU de boxe. Les scènes de combats qui ponctuent le film sont réalistes et violentes, fort impressionnantes. L’intrigue, en elle-même, trame un peu, mais s’offre des naïvetés (l’épisode de la prison et du bagne) qui sentent bon les délires de séries B. Et il accumule les clichés : héros solitaire et silencieux, méchant retors (interprété par Mike « Mannix » Connors), jeune femme perdue qui retrouve le droit chemin et le cœur du héros, ami boiteux et dévoué, flic véreux, montagnes de muscles cruelles contre lequel le héros doit combattre, etc. « Fist fighter » est un spectacle où les personnages pensent moins vite que leurs poings, mais qui ne manque vraiment pas de punch.

Cage

CageHulk, Hercule, et maintenant cet ancien du Vietnam coincé dans une cage où il livre des combats d’arts martiaux sans pitié… LOU Ferrigno a la carrure des champions musclés. Et ce film, visiblement positionné entre « Rambo » (Stallone) et « Bloodsport » (Vandamme), lui permet de le confirmer. Une tête de plus que tout le monde (il fait 2 mètres de haut) et une carrure très impressionnante (il pèse environ 120 kilos), Lou Ferrigno interprète, dans « Cage », un soldat qui a sauvé un copain du Vietnam, mais y laissé une partie de ses facultés. Ils tiennent un petit restaurant. Mais la Mafia leur fait des misères et oblige le brave colosse retardé (« Un petit garçon dans un corps d’adulte », dixit son interprète) à combattre à mort dans une cage, pour des parieurs. Dans ce rôle très dramatique, montrant puissance et fragilité, exprimant une belle amitié entre deux hommes, Ferrigno prouve qu’il peut être aussi un vrai comédien. Succès du film oblige, « Cage 2» aurait déjà été tourné à Hong-Kong, fin 1989. Ferrigno y est kidnappé et se retrouvera dans le pays d’origine des combats en cage. La vidéocassette de « Cage » devrait donner envie de voir très vite cette suite.

L’honneur retrouvé et Le cavalier du désert

Plusieurs années ont passé après l’assassinat de son père Ted Hayden, devenu un homme, décide de retrouver le coupable. Il se battra pour que justice soit faite, mais aussi pour sauver l’honneur de sa famille et du frère qu’il n’a jamais connu. Ne vous fiez pas à ce scénario moralisateur, le film vaut mieux que ça. A ses débuts, John Wayne a tourné dans de nombreux westerns à petit budget où il tenait le rôle principal. » L’honneur retrouvé » fait partie de ceux-là. Tous ces films sont inédits chez nous, aussi bien à la TV qu’au cinéma. Une occasion unique de découvrir les indéniables qualités d’acteur du futur géant de l’Ouest. De plus, la réalisation de Bradbury est d’une redoutable efficacité et la musique de William Barber soutient sans redondance les scènes d’action. (Voir article dans ce numéro).

Le cavalier du désert

Cole Hardin est accusé à tort d’avoir volé un cheval. Devant être jugé par Roy Bean qui, à l’ouest de Pecos possède le monopole de la justice, il constate que l’homme de loi est épris de Lily Langtry, une femme que Cole connaît bien. En échange de sa liberté, il lui promet de lui remettre une boucle de cheveux de Lily… Tout au long de « Cavalier du désert », l’amour impossible de Bean revient comme un leitmotiv. La lutte qui oppose les fermiers aux éleveurs de bétail ainsi quels rivalité entre Cole et le juge viennent ponctuer cette idylle impossible. Ce western, l’un des plus représentatifs des années 40, s’inscrit comme un classique du genre, Fil à Film, qui ressort à la vente plusieurs films de Gary Cooper, renoue avec un genre que l’on a souvent tendance à oublier.« Le cavalier du désert » recelle peut-être de nombreux clichés, mais il n’en reste pas moins qu’il demeure un excellent film que chacun aura plaisir à (re)découvrir.

Batman (Tim Burton)

Batman Tim Burton, le réalisateur de « Batman » est, sans aucun doute, le jeune cinéaste américain contemporain possédant le plus extraordinaire sens de l’image et du gag visuel. Ses précédents, «La grande aventure de Pee Wee » et « Beetle juice », l’ont prouvé. Et « Batman », qui est incontestablement un film de producteur sur lequel Burton n’eut pas tout le loisir créatif qu’il souhaitait, regorge aussi de trouvailles visuelles. Le film est, sur ce point, un régal.

Batman, superhéros noir et nocturne (habillé d’une carapace fort esthétique, née du croisement de Schwarzenegger et d’une chauve-souris) a beaucoup de prestance et bénéficie d’un tas de gadgets (de la Batmobile à la Batfusée). Mais il a surtout des ennemis à combattre. Dans ce film, le Joker possède un art unique de lui gâcher la vie. Interprété par Jack Nicholson (qui en fait des centaines de tonnes), ce « méchant » est le plus délirant roublard-dément que l’on ait vu depuis longtemps au cinéma. Nicholson lui donne un tel relief qu’il en devient presque le héros du film Michael Keaton, dans son double rôle d’homme ordinaire/superhéros, apporte un sourire « mignon » à Bruce Wayne et une belle autorité à Batman. Tim Burton a accentué le côté humain, fragile, vengeur du personnage qui a vu ses parents massacrés sous ses yeux. Mais il n’arrive pas à lui enlever une certaine pâleur. Heureusement, Batman a, à son bras, le petit animal sexuel et sensuel nommé Kim Basinger.

Colors

Los Angeles, côté « Down-town ». Rien à voir avec Beverly Hills, ses villas de luxe et ses larcins de haute volée. La violence se conjugue, dans cette partie chaude de la ville, à tous les temps du verbe bastonner, et la police se retrouve le plus souvent incapable de mettre un terme aux débordements en tous genres. Bob Hodges, la cinquantaine, et son jeune coéquipier, Danny McGavin, font partie des 250 policiers chargés, à eux seuls, de surveiller quelque 600 gangs des rues qui comptent pas moins de 70 000 membres. Et pour l’instant, la guerre fait rage entre les Blood et les Crisps, qui essaient de se réduire mutuellement au silence à grands coups de bazookas et autres charges explosives. Chargés de rétablir un semblant de calme, Hodges et McGavin se trouvent alors pris entre deux feux. Enorme succès public aux Etats-Unis, « Colors » s’inscrit parfaitement dans l’air du temps, tout comme « Easy rider » était représentatif des sixties et du mouvement hippy qui s’y développa.

Autres temps, autres mœurs. Aujourd’hui, la violence à l’état brut tient lieu de discours et la formule « no future » remplace désormais les « peace and love » débonnaires de naguère. Rien de cela n’échappe à la caméra de Dennis Hopper qui filme nerveusement cette guerre des gangs plus proche des « Seigneurs » et des « Guerriers de la nuit » que de « West side story ». Mais la principale force de « Colors » réside d’abord dans l’association Robert Duvall/Sean Penn. L’évolution de leurs rapports est la pièce maîtresse du scénario, sa réussite aussi. A la fois autoritaire et désabusé, fort et vulnérable, Duvall est extraordinaire.

E.T. l’Extra-terrestre (sublime)

Une soucoupe volante vient d’atterrir aux environs de Los Angeles. A son bord, des extra-terrestres s’apprêtent à effectuer une mission d’exploration botanique.

E.T. l'Extra-terrestre

Mais une armée humaine est à leurs trousses… La navette doit donc repartir précipitamment du sol terrien en laissant derrière elle l’un de ses passagers. Terrorisée, la petite créature se réfugie dans le jardin d’une maison de banlieue où elle est bientôt découverte par un enfant de dix ans, Elliot. Celui-ci la baptise E.T. (prononcez « iti ») et lui construit un abri dans son armoire. Des liens d’amitié se créent entre eux. E.T. est assurément un des chefs-d’œuvre des années 80. Le réalisateur de « Rencontres du troisième type » a réussi une merveille de sensibilité et son film se regarde comme un conte de fées, une fable le science-fiction moderne. E.T. évolue en permanence dans le monde des enfants. Sa vision des adultes se résume au simple danger». Leurs apparitions sont rarissimes durant tout le film. Présenté en clôture du Festival de Cannes 1982, « E.T. l’extra-terrestre » fit un véritable triomphe à travers la planète. Il est d’ailleurs aujourd’hui le film préféré des Français pour la décennie écoulée. Juste avant « Le grand bleu »…

Mata-Hari

Mata-Hari« Mata-Hari » n’est pas le meilleur film de Garbo. La star parle même de sa « piètre prestation » dans ses mémoires (aux Presses de la Renaissance). Danseuse exotique à Paris en 1917, Mata-Hari, espionne à la solde du kaiser, est entourée d’une foule de courtisans composée d’officiers et d’alliés. Le jeune lieutenant Rosanoff, fraîchement débarqué de Russie, est en possession de documents ultraconfidentiels et s’éprend de Mata. Après que celle-ci, par ailleurs maîtresse du général Shubin, ait répondu à ses avances et pris connaissance des informations qu’elle convoitait, Rosanoff, candide et amoureux fou, repart en direction de son pays. Sans vouloir dévoiler les liens qui uniront par la suite l’officier et l’espionne, force est d’admettre que leur histoire d’amour, pour être magnifiquement ficelée, n’en est pas moins émouvante. Même si la base historique du film semble parfois confuse, il ne fait aucun doute que « Mata-Hari » s’apparente beaucoup plus au drame qu’au film d’espionnage. Greta Garbo, quoi qu’elle ait pu en dire, est enivrante et dégage un redoutable magnétisme. On regrette que ce ne soit pas en version originale…

La révolution française

Le bicentenaire nous a valu une ribambelle de films, téléfilms, séries, spectacles, consacrés à 1789. Tous s’attachaient à un aspect en particulier. Ce film en deux parties (et quatre cassettes) a le mérite essentiel de couvrir TOUTE la période révolutionnaire, de la réunion des États Généraux, en juin 1789, jusqu’à l’exécution des Robespierristes en 1794. Les cinq années les plus riches-terribles-tumultueuses de notre histoire donnent lieu à un spectacle grandiose et relativement conventionnel (sans calembour).

Rien ne manque, pas une scène célèbre, pas une parole historique, vraie ou légendaire, pas un protagoniste de ce fabuleux psychodrame national. Tout ceci inévitablement émaillé de clichés usés, mais d’une rigueur historique incontestable. Pas de révélation, pas de thèse audacieuse, mais un bon résumé (en presque six heures) de cette succession d’événements (dont quelques-uns sont pourtant éludés : voir la Vendée)… Le tout correctement réalisé, même si on regrette parfois que la mise en scène ne prenne pas le temps ( !) de laisser une séquence se gonfler de lyrisme. Tout passe trop vite. Quant à l’interprétation, dominée par un fantastique Jean-François Balmer, superbe, inoubliable Louis XVI, son « internationalité » est quelque peu déroutante. Klaus-Maria Brandauer crève l’écran en Danton, certes, et Jane Seymour émeut en Autrichienne, mais Sam Neill en La Fayette, Peter Ustinov en Mirabeau, Mezzogiorno en Marat, passons…

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