Stars d’aujourd’hui

Christophe Lambert

Christophe LambertIls sont la relève de Belmondo, Delon, Depardieu… Leur charme n’a d’égal que leur talent et le cinéma français compte sur eux pour faire les scores de la prochaine décennie. Gilles Gressard et Mara Villiers leur ont consacré un ouvrage (Ramsay) dont voici quelques extraits… en forme de troublantes confessions.

Cette année sous l’uniforme n’est pas de tout repos pour le deuxième classe Lambert. «Ils n’ont pas voulu me réformer, il fallait que je me venge ! Je crois que j’ai passé plus de temps en convalescence qu’en manœuvres. On était quatre subversifs, et tout était bon pour échapper à la vie de caserne: Il faut dire qu’on avait un adjudant pas très net qui nous réveillait en sursaut à 4 heures du matin en hurlant : «Planquez-vous les mecs, c’est la guerre !» Le service militaire de Christophe Lambert est un vrai guide du petit secouriste. Christophe et ses copains ne reculent devant rien… Trois fausses entorses, faites à coups de cuillère. Des séjours dans la neige, simplement couverts d’un drap mouillé, après avoir pris une douche brûlante, pour attraper une pneumonie. Ou encore s’écraser le petit doigt avec la crosse du fusil. «On s’est fait mal, mais pas assez. L’instinct de conservation est trop fort pour aller jusqu’au bout. Maintenant, je ferais la moitié de ces conneries, j’en crèverais. Mais là, rien du tout !». Et puis il y a eu là brûlure… dont Christophe rit aujourd’hui, non sans frisson rétrospectif. «Au cours d’un week-end de permission à Genève, chez mes parents, je me suis volontairement ébouillanté la jambe. Mais seulement au premier degré parce que, entre la cuisine et la salle de bains, et avec toutes mes hésitations, l’eau de la casserole s’était refroidie. Je courais à travers l’appartement en hurlant de douleur.Et, de retour à la caserne, au lieu de l’exemption définitive, je n’ai eu droit qu’à un «c’est pas grave, _ on va vous soigner». Tout ça pour cinq jours de   convalescence !».

Lambert WilsonLambert Wilson

«Le théâtre, c’est comme l’arrière-boutique pour un fils de commerçant. Ça n’a aucune magie, c’est la réalité quotidienne. En fait, le TNP était un château dont nous étions les petits princes. J’étais persuadé qu’on en hériterait un jour, mon frère et moi. La notion de directeur du TNP était très vague pour nous. Ce qui était clair, c’est qu’il était le chef et que ça nous appartenait… Je devais être odieux quand j’étais tout petit». En fait, Lambert et son frère aîné, qui a juste un an de plus que lui, se promènent rarement dans les coulisses du TNP. Ils vivent à la campagne. Peu après sa naissance, ses parents achètent une ruine à Malassy, un petit village du côté de Limours, dans l’Urepois. Lambert y passe ses cinq premières années, avant d’aller et venir régulièrement entre Paris et la campagne. Et de changer souvent d’écoles. «A la communale, je devais avoir à peu près huit ans lorsqu’une institutrice m’a demandé si je voulais faire le même métier que mon père. Je lui ai répondu très agressivement «Non !». Je ne savais absolument pas en quoi consistait le métier d’acteur mais, pour moi, c’était quelqu’un qui n’était jamais là, qui se levait à onze heures du matin quand les enfants sont à l’école et qui rentrait à une heure du matin alors que les enfants dorment depuis longtemps. Je ne voyais mon père que le dimanche et, pour se rattraper, il organisait des jeux. Mais il ne nous parlait jamais de ce qu’il avait fait pendant la semaine. Constamment, on nous disait : «Ne faites pas de bruit, papa travaille, il faut respecter son sommeil !». Un jour, on est allé le voir au théâtre où il répétait «Ubu roi», avec Rosy Varte. Brusquement, mon frère et moi l’avons découvert sur un énorme cheval à bascule, au milieu de jouets en bois complètement démesurés. Mon frère a dit : «C’est ça ton travail !». Quelque chose venait de se casser par rapport au respect du travail paternel. J’imagine que c’était scandaleux pour des petits enfants de respecter le sommeil de quelqu’un qui passe sa journée sur un cheval à bascule».

Richard Berry

Richard Berry«La moindre des choses pour un acteur, c’est d’avoir un corps en bon état. Quand on a la prétention de le montrer au public, autant qu’il soit regardable ! Cette importance du corps est venue petit à petit, en voyant des aînés comme Belmondo. On a beau dire ce que l’on veut, mais quand il enlève sa chemise à cinquante et quelques balais, c’est regardable. C’est beau et on y croit. J’arrive à un âge où je sens qu’il faut que je commence à m’entraîner avant que ça s’aggrave. Je n’ai pas envie de me dégrader, ne serait-ce que pour moi-même —cinéma ou pas ! Le corps, c’est le symbole de ma jeunesse. Je vieillis dans le sens des choses. Mais je ne m’occupe pas de mes rides ou de ma peau. J’ai fait beaucoup de sport étant jeune. Si, tout à coup, je me laisse aller, je n’ai plus de ressort, je n’ai plus d’énergie. Je deviens mou et ça me tape sur la tête. Il faut que je me sente bien dans mon corps. Je m’entraîne tous les jours : jogging, musculation, boxe américaine, boxe Thaï ou saut d’obstacle… La boxe, c’est un plaisir d’enfance. Mon père m’emmenait à la boxe. J’allais à Wagram tous les dimanches et j’ai toujours adoré ça. J’aime de plus en plus l’idée du défi physique… et aussi de la peur, pour un rôle. Dans «La trace», de Bernard Favre, je me souviendrai toujours de la scène du glacier. On était à 3200 mètres, on avait froid et on manquait d’oxygène. Je marchais en m’enfonçant dans la neige jusqu’au bout des jambes, jusqu’au ventre même avec ma hotte de 17 kilos. Quand j’enfonçais une jambe avec sa chaussure lourde, il fallait ressortir l’autre. Et je devais le faire assez vite pour que ce ne soit pas ennuyeux à l’image. Je crachais le sang ! Je suffoquais, c’était horrible. Mais quand je vois ce qu’il y a sur l’écran, je me dis que ça valait la peine».

Thierry Lhermitte

Thierry LhermitteDans «La banquière», Francis Girod, le réalisateur, lui confie très peu de dialogue et pratiquement rien à faire. Thierry Lhermitte est un des associés de cette femme d’affaires des années 30 soupçonnée d’escroquerie. Comme directeur du journal qu’elle a créé, il la suit partout ou presque. Pendant dix jours, Thierry Lhermitte va vivre dans l’ombre de Romy Schneider et l’observer. «Ça a été le choc. C’était vraiment une femme et une actrice exceptionnelles. Tu vois passer une petite bonne femme qui n’a pas loin de 45 ans et qui a bien vécu. Une apparence anodine. Et on te présente. Elle te dit bonjour et paf ! Tu tombes en arrière ! Quand je suis allé la voir dans sa loge pour répéter les scènes, j’étais sous le charme. Je l’ai regardée jouer. J’ai été complètement saisi par l’émotion qu’elle dégageait. Sa personnalité et son talent d’actrice faisaient qu’on l’aimait et qu’on avait envie de la prendre dans ses bras et de lui dire «Vous avez eu beaucoup de malheurs mais, avec moi, c’est fini». Le premier jour de tournage des «Ripoux», on a parlé d’elle avec Philippe Noiret. Et il ressentait la même chose. C’est comme Piaf, quand elle chante une note, tu pleures ! Il n’y a pas beaucoup d’acteurs qui aient cette intensité. Pour dégager une telle émotion, il faut que je me conditionne et que je me défonce… Romy, cette émotion, elle l’avait en disant simplement bonjour ! Pour donner ça, il faut être déchiré, avoir eu très mal ! Je n’ai jamais fait le siège d’une production pour décrocher un rôle, mais j’ai essayé pour «La passante du Sans-souci». J’ai insisté, mais dans ces cas-là, ça ne marche jamais et c’est Gérard Klein qui a été choisi. J’avais vraiment envie de rejouer avec elle. Je voulais revivre cette histoire d’amour qu’est un film avec Romy».

Bernard Giraudeau

Bernard GiraudeauPendant quatre ans, le deuxième classe Giraudeau s’évade sur toutes les mers du monde. Il fait deux fois le tour de la terre, sur la Jeanne d’Arc, s’enivre les yeux et la tête de paysages beaux comme des iles au trésor. «Un bateau, c’est une petite société très isolée qui vogue en solitaire, qui te donne l’envie de rêver et d’imaginer. Tu as toujours une espèce d’attente. Voyager à bord d’un bateau, c’est une chose extraordinaire. C’est exactement comme lorsqu’on est assis dans une salle de spectacle avant que le rideau ne s’ouvre. On est en état de disponibilité. Tout est possible. On sait qu’on va découvrir des choses et qu’on va en rêver d’autres. Lorsqu’on se trouve le soir sur les passes, dans les mers du Sud et qu’on croise un atoll ou les feux d’un bateau qui s’éloigne, on est là, coincé loin de toute terre ferme et on a la tête pleine d’images. Est-ce le fruit de lectures passées ou est-ce de l’imagination pure ? Je ne sais pas. Mais c’est quelque chose que j’ai retrouvé plus tard dans le métier de comédien où on a besoin d’imaginer des situations, de réinventer, de créer un univers à partir de rien… La première fois que je suis arrivé à Tahiti, ça a été un moment de bonheur fou. Il était quatre heures du matin et j’étais de quart. Je suis monté sur le pont avant que le jour ne se lève. Tahiti n’était pas encore en vue, mais je savais que j’allais la voir bientôt apparaître. A ce moment précis, je me suis vraiment pris pour Cook et je m’apprêtais à découvrir un monde inconnu. Pourtant, je savais parfaitement que des Européens étaient installés là depuis longtemps et que la civilisation avait bien transformé les choses. Pour que ça fonctionne, il fallait la part du rêve. J’imaginais la vie des révoltés du Bounty. Mais, en même temps, j’avais envie d’aller voir. Une curiosité à satisfaire… Dans la tête, on a un mélange fou de ce qu’on découvre, des films qui ont marqué, des récits qu’on a lus et de son pouvoir de rêve».

by Jice on juillet 10th, 2015 in Hobbies

There are no comments.

Name*: Website: E-Mail*:

XHTML: You can use these tags:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>